Le décès d'un musulman active un ensemble d'obligations pour la communauté. L'islam honore le corps du défunt : il est lavé pour supprimer l'impureté, enveloppé dans un tissu blanc propre, conduit à la prière de janazah, puis rendu à la terre sur son côté droit, face à la Qibla. Ces rites relèvent du fard kifayah — une obligation collective. Si un nombre suffisant de membres de la communauté les accomplit, l'obligation est levée pour tous les autres. Ce guide couvre les trois devoirs essentiels : le lavage (ghusl al-mayyit), l'enveloppement (kafan) et l'inhumation.

Qui accomplit les rites ?

Le lavage et l'enveloppement sont effectués par des personnes du même sexe que le défunt. Un époux peut laver son conjoint. Les enfants n'ayant pas encore atteint la puberté peuvent être lavés par l'un ou l'autre sexe. Celui qui lave doit être digne de confiance et garder le silence sur ce qu'il observe, dans l'esprit prophétique de la préservation de la dignité du défunt.

Ghusl al-Mayyit : laver le défunt

Lorsque sa fille Zaynab décéda, le Prophète ﷺ instruisit les femmes : « Lavez-la trois fois, ou cinq, ou davantage si vous le jugez nécessaire — avec de l'eau et du sidr (feuilles de jujubier) — et ajoutez dans le dernier lavage du camphre ou quelque chose de camphre. » (Bukhari et Muslim, rapporté par Umm Atiyyah) Cette narration constitue la base du ghusl al-mayyit.

  1. Préservez l'intimité. Seules les personnes impliquées dans le lavage doivent être présentes.
  2. Éliminez les impuretés du corps, puis nettoyez les parties intimes.
  3. Effectuez le wudu sur le défunt : visage, mains jusqu'aux coudes, essuyez la tête, lavez les pieds.
  4. Lavez le côté droit, puis le gauche, comme pour le vivant.
  5. Lavez un nombre impair de fois — au minimum trois — avec de l'eau mélangée à des feuilles de sidr.
  6. Dans le dernier lavage, ajoutez une petite quantité de camphre (kafur).
  7. Pour les femmes, les cheveux sont défaits, lavés, puis retressés en trois nattes dans le dos.
  8. Si l'eau est indisponible, le tayammum (purification sèche) est effectué à la place.

Le kafan : envelopper le défunt

Aïcha (ra) a rapporté que le Prophète ﷺ fut enveloppé dans trois draps de coton blanc de Sahul — sans chemise, sans turban, simplement trois draps blancs unis. (Bukhari et Muslim) Pour un homme, trois draps blancs sont la sunna. Pour une femme, les savants des grandes écoles juridiques mentionnent cinq pièces : un drap inférieur, une chemise, un voile de tête et deux draps extérieurs. Le principe unificateur est un tissu simple, propre et blanc qui honore le défunt par la sobriété.

  • Utilisez un tissu blanc uni. Évitez la soie pour les hommes.
  • Chaque drap doit être assez grand pour envelopper entièrement le corps avec des extrémités qui se chevauchent à la tête et aux pieds.
  • Parfumez légèrement le linceul avec un encens licite.
  • Attachez le linceul sans serrer à la tête et aux pieds ; ces nœuds sont défaits une fois le corps placé dans la tombe.

L'inhumation

Le Prophète ﷺ a ordonné : « Hâtez-vous pour les funérailles. » (Bukhari) Le délai est déconseillé sauf en cas de nécessité réelle. Le défunt est placé dans la tombe sur son côté droit, face à la Qibla. Le type de tombe préféré est le lahd — une niche creusée dans la paroi côté Qibla qui soutient le corps sans nécessiter de planches au-dessus. Ceux qui descendent le corps dans la tombe disent :

بِسْمِ اللَّهِ وَعَلَى مِلَّةِ رَسُولِ اللَّهِ
Bismillahi wa 'ala millati rasulillah

« Au nom d'Allah et sur la croyance du Messager d'Allah. » Récité en descendant le défunt dans la tombe. (Tirmidhi, Abu Dawud)

Les personnes présentes peuvent chacune jeter trois poignées de terre dans la tombe. La tombe est laissée légèrement surélevée au-dessus du sol — ni nivelée, ni élevée de plus d'un empan. Après l'enterrement, le Prophète ﷺ se tenait près de la tombe et disait : « Demandez le pardon pour votre frère et demandez à Allah de le rendre ferme, car il est maintenant interrogé. » (Abu Dawud) Prier pour le défunt à la tombe est un acte d'amour beau et conforme à la sunna.

Questions fréquentes

🕊️
Le martyr est-il lavé ?
Le martyr mort au combat est enterré dans les vêtements qu'il portait et n'est pas lavé. C'est basé sur la pratique du Prophète ﷺ après la bataille d'Uhud. (Bukhari)
🪨
Que marque la tombe ?
Une simple pierre ou un monticule pour identifier la tombe est permis. Construire un dôme, ajouter des inscriptions ou surhausser la tombe de plus d'un empan est déconseillé par la majorité des savants.
⏱️
À quelle rapidité faut-il enterrer ?
L'enterrement le jour même ou le lendemain est la norme. Le délai n'est permis qu'en cas de nécessité réelle, comme attendre des proches en voyage.
👨‍👩‍👧
Les non-musulmans peuvent-ils assister ?
Les proches non-musulmans peuvent assister à l'enterrement et présenter leurs condoléances. Ils ne participent pas à la prière islamique mais peuvent se tenir respectueusement à côté de la tombe.

Après l'enterrement, continuez à prier pour le défunt et à donner de la charité en son nom. Consultez notre guide sur les trois actes qui continuent après la mort. Pour apprendre à prier la prière de janazah, lisez le guide complet de Salat al-Janazah.

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